Pendant le confinement, les activités économiques ont été pénalisées lors de l’arrêt forcé des entreprises. Les casinos terrestres n’ont pas échappé à la règle, et comme tout le secteur du divertissement, ils ont dû fermer leurs portes aux joueurs invétérés pour contrer le virus. Ce qui a entraîné une baisse de 90% de l’activité, les paris sportifs ayant chuté en majorité, au profit des jeux de casino et autres jeux d’argent en ligne qui, eux, ont vu leur fréquentation fortement augmenter.
Le malheur des uns fait le bonheur des autres
Comme des vases communiquants, les joueurs se sont tournés vers les jeux en ligne plus accessibles, notamment grâce aux smartphones. D’ailleurs, la Commission des jeux en ligne au Royaume-Uni a remarqué que pendant le confinement, les mises d’argent sur les machines à sous ont progressé de 25%. En effet, les 8.502 boutiques de paris ayant dû fermer, les 35 millions de parieurs anglais sur 65 millions d’habitants ont dû se rabattre sur internet pour continuer à jouer. Et le nombre de joueurs étant resté le même, il s’agit surtout d’une hausse massive de mises par joueur. N’ayant plus l’occasion de sortir voir les bookmakers ou d’acheter leurs tickets sur place, certains joueurs en perte de repères se sont isolés. Et incités par des publicités, certains ont pu voir leur dépendance s’accroître en même temps que diminuait dangereusement l’argent sur leur compte en banque. Quelques-uns en sont même venus au suicide, comme Chris Bruney de Sheffield: à 25 ans, il s’était donné la mort ne pouvant plus assurer financièrement surtout depuis qu’il était passé au statut de VIP sur sa plateforme de jeux en ligne.
Scott Benton, député conservateur de Blackpool Sud, souhaite que les casinos terrestres soient avant tout des lieux qui garantissent une sécurité pour les joueurs, ce qui lui paraît difficile pour les casinos en ligne qui manquent parfois de limites en étant trop accrocheurs avec tous ces bonus offerts.
Ce sont ces comportements parfois extrêmes qui sont épinglés par les différentes commissions et par les conservateurs. Selon eux, les entreprises de jeu profitent des bénéfices que leur apportent indirectement la crise mondiale mais aussi les crises individuelles, en essayant à tout prix de trouver et de retenir les nouveaux clients à leur insu. En même temps, n'est-ce pas ce que touts les commerçants font? C'est un peu le principe dans un monde capitaliste où la consommation est poussée à outrance...
Les acteurs du changement
L’obsolescence de la Gambling Act 2005, c’est aussi ce que dénoncent les conservateurs, et le groupe de campagne et de pression Clean Up Gambling. Le Gaming Council, quant à lui, est chargé de nombreuses enquêtes et réflexions sur les entorses au règlement des entreprises du jeu. Dans leur globalité, les conservateurs appellent à une réforme du jeu plus consciente de la réalité du numérique.
D’ailleurs, Carolyn Harris, du groupe parlementaire multipartite (APPG), qui lutte contre les préjudices liés au jeu, va même jusqu’à affirmer que l’industrie du jeu est corrompue. Lobbyiste anti-jeux d’argent, elle a déclaré suite au confinement: “Je ne crois pas honnêtement que nous puissions même deviner combien de personnes deviendront des joueurs à problèmes au cours des prochaines semaines car c’est une activité si facile d’accès, où il est très facile de dépenser et de devenir excessivement accro”. Et pour Matt Zarb-Cousin de Clean Up Gambling aussi, les jeux de casino les plus addictifs sont trop facilement accessibles.

Les acteurs du changement ne manquent pas, mais les lois ont peine à évoluer dans le contexte actuel.
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